Tout savoir sur les micros

À moins de faire exclusivement de la musique électronique ou d’utiliser uniquement des instruments virtuels, vous aurez besoin de micro dans vos productions musicales.

Dans cet article, je vais essayer de vous expliquer la différence entre tous les types de micros, ainsi que les différentes caractéristiques qui permettent de les choisir.

Il existe trois types de micros différents. Les dynamiques, les statiques, et les micros à ruban. Ces derniers sont un peu plus rares -surtout en home studio- car plus cher et plus fragiles.

Commençons par les micros dynamiques. Ce sont les plus simples techniquement (je ne vais pas rentrer dans les détails de la façon dont ça marche sinon on en a pour des heures). Une membrane réagit aux sons environnants, agitant une bobine qui génère un signal que vous récupérez ensuite. Ces micros sont passifs. C’est à dire qu’ils marchent sans alimentation électrique. De ce fait, ils sont en général peu sensibles  (on verra la sensibilité plus tard, mais dans l’idée, un micro sensible capte plus de son lointain et faibles, un micro peu sensible prendra seulement les sons proches). Ils sont aussi assez solide en général. On retrouve beaucoup de micro dynamiques sur scène, justement parce qu’ils sont solides et peu sensible. On met les micros proche des sources pour éviter de reprendre également l’instrument d’à côté.

Les micros statiques, contrairement aux dynamiques sont actifs, donc ils nécessitent une alimentation externe. On appelle ça l’alimentation phantome (phantom power en anglais). C’est une alimentation de 48V continu qui passe par le câble du micro. C’est à dire qu’on utilise pas de second câble pour utiliser le micro, tout passe dans un seul. La sensibilité est donc beaucoup plus élevée que dans un micro dynamique. Ça n’empêche pas l’utilisation sur scène malgré tout, on en retrouve souvent sur des batteries ou des cuivres par exemples, mais je reviendrais sur les utilisations des micros plus tard.

Les micros à ruban sont différents parce qu’il n’ont pas une membrane comme les autres mais un ruban tendu entre deux aimants. Cette particularité lui donne plusieurs caractéristiques un peu particulières. On en reparlera plus bas !

Les différentes caractéristiques que l’ont utilise pour parler d’un micro sont sa sensibilité, sa directivité et sa réponse en fréquences (et d’autres que je n’aborderais pas ici, comme son impédance. Ça à son importance quand on fait des montages un peu plus compliqués que dans un home studio).

Je ne vais pas rentrer dans des détails mathématiques, mais il existe plusieurs unités pour parler de sensibilité qui veulent dire la même chose au final. Le dBV/Pa et mV/Pa. Plus la valeur est élevée, plus le micro est sensible.

La directivité est un facteur important à prendre en compte, même si dans 90% des cas, vos micros seront cardioïdes, il est important de savoir ce que ça veut dire. La directivité indique la direction de prise de son de votre micro. Avant même de commencer à en parler, voilà une image de la marque Shure qui montre les différentes directivités (polar patterns en anglais) :

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Les différentes directivités – d’après Shure

Voici donc les principales directivités que je vais détailler de gauche à droite :

Les micro omnidirectionnels, comme l’indique leur nom, prennent le son tout autour d’eux, peu importe le sens dans lequel vous le mettez. On utilise rarement ce genre de micro sur scène étant donné qu’il est très difficile de capter une seule source avec ces micros. On en trouve un peu en studio mais dans des cas assez particuliers. Les micros de mesure sont omnidirectionnels par contre. Cette directivité à une autre particularité, c’est qu’elle supprime l’effet de proximité, mais on reviendra là dessus plus tard.

Les sub-cardioïdes sont très rares et il me semble même qu’ils sont le fruit d’expérimentations de la part de Shure (d’où leur présence sur ce graphique). On la retrouve sur les Shure KSM9HS, une variante du KSM9, et c’est à ma connaissance le seul micro à avoir cette directivité donc je ne vais pas trop m’attarder dessus.

On arrive à la directivité que l’ont retrouve sur quasiment tous les micros, les cardioïdes. Le principe est simple, ils prennent le son devant eux, un peu sur les côtés, et pas du tout derrière.

Les super cardioïdes et hyper cardioïdes sont des cardioïdes, mais avec un angle de réjection plus ou moins élevé. L’angle de réjection c’est ce qu’on voit clairement sur le graphique, le fait de prendre un peu de son derrière le micro.

Les micros bi-directionnels (ou figure en 8) captent les sons aussi bien devant que derrière. C’est une caractéristique que l’ont retrouve principalement sur les micros à ruban (un micro à ruban est forcément bi-directionnel), ainsi que sur quelques micros de studio.

Pour connaitre la directivité d’un micro que vous avez devant vous, c’est très simple, il y a forcément un pictogramme dessus qui ressemble aux diagrammes. Certains micros ont un sélecteur qui permet de changer la directivité. C’est le cas par exemples du AKG C414 dont voici une image où on voit bien le sélecteur :

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Un micro AKG C414XLII avec un sélecteur de directivité

Notez que la seconde polarité n’est pas sub-cardioïde, mais wide cardioïde, mise au point par AKG. Vous remarquerez aussi que le logo AKG est en fait 3 diagrammes cardioïdes qui se croisent !

Le dernier paramètre important d’un micro, et je dirais même le plus important, c’est sa réponse en fréquence. Cette caractéristique se retrouve sous forme d’un graphique. Voici un exemples :

Réponse en fréquence d'un Beyerdynamics M130
Réponse en fréquence d’un Beyerdynamics M130

Cette courbe nous permet d’estimer le timbre du micro, c’est à dire la manière dont il sonne. Ici, on peut voir que le M130 restitue pas mal de basses entre 100 et 200Hz, il est à peu près linéaire jusqu’à 8kHz puis de moins en moins de son dans les aigus. Au passage, le M130 est un micro à ruban et donc avec une directivité bi-directionnelle.

Tout à l’heure, je vous parlais de l’effet de proximité. Il s’agit d’un effet acoustique que l’on retrouve sur beaucoup de micros. C’est cet effet qui rend les basses plus fortes quand la source se trouve très près du micro (en fait, plus la source est près, plus les graves sont amplifiés). Il est important de savoir ça quand vous placez vos micros. Si on en est conscient, on peut jouer avec cet effet. Pour la voix par exemples, si vous voulez éviter d’avoir trop de graves, ne vous collez pas au micro mais prenez un peu de distance. Toujours avec une voix, en maîtrisant bien, vous pouvez vous approcher suffisamment pour avoir une voix chaleureuse, et ça peut même être très joli dans certains cas. Certains micros éliminent cet effet de proximité. C’est le cas par exemples du Electro-Voice RE20 ou du nouveau Shure KSM8. Comme je l’ai dit plus haut, les micros omnidirectionnels n’ont naturellement pas cet effet. Ce qui veut dire qu’avec le micro AKG C414 de l’image que j’ai utilisé en exemple, vous pouvez choisir de supprimer l’effet de proximité en sélectionnant cette directivité.

Avec tous ces éléments, vous avez de quoi choisir vos micros en fonction de vos utilisations, mais gardez a l’esprit que le meilleur moyen de savoir si un micro vous convient, c’est de l’essayer avant. Je peux citer l’exemple d’une chanteuse que je connais qui cherchais un micro qui correspond bien à sa voix. Elle à pris une dizaine de micros très différents et les a essayés un par un. Certains allaient plutôt bien, un en particulier s’est démarqué, et elle en a rejeté un après seulement quelques secondes de test parce que sa voix passait très mal sur ce micro. Et la raison est très simple, ce micro n’avait pas d’effet de proximité du tout. C’est pourtant un micro très utilisé pour la voix et certains chanteurs l’adorent. Gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un micro est cher qu’il ira forcément pour votre utilisation.

Voilà qui conclut ce chapitre sur la microphonie, nous y reviendrons parce que c’est un sujet qui me passionne. Je reviens bientôt avec un article pour vous aider à choisir des micros, mais cette fois-ci en parlant plus précisément des modèles que je connais.

En attendant, si vous avez des questions sur cet article ou si vous aimeriez que je traite d’autre chose, les commentaires sont ouverts, et je suis aussi sur twitter, mon compte est quelque part à droite de cet article.

 

À très vite !

Introduction aux instruments virtuels

J’ai récemment fait l’acquisition d’une banque d’instruments virtuels édités par la célèbre firme Native Instruments. Il s’agit du bundle Komplete 10, qui regroupe plusieurs catégories d’instruments VSTi dont Kontakt 5 et Guitar Rig 5 pro, qui sont assez connus, et quelques plug ins VST (compresseurs, EQ, reverbes,…).

Je reviendrais plus tard sur les VST et sur Guitar Rig. Dans cet article, je vais me concentrer sur les instruments VSTi et essayer de vous faire comprendre ce que c’est et comment ça marche.

Pour faire simple, un VSTi (ou instrument virtuel), est un logiciel qui transforme une partition Midi en fichier audio. En général, ils sont utilisés sous forme de plug ins (VST est un format de plug ins), et ils marchent avec un DAW (pour Digital Audio Workstation) -ou un logiciel d’édition musicale- (ProTools, Ableton Live, Cubase, Logic, Reaper,…).

Pour faire un peu plus concret, je vais utiliser un exemple tout simple, celui du synthétiseur. Il faut noter qu’il existe deux types d’instruments vituels, les synthés, et les sampleurs. Les synthés génèrent un son à partir d’un ou plusieurs oscillateurs, et les sampleurs jouent un fichier audio enregistré en fonction des instructions midi. Mais restons simples pour le moment.

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Partition Midi dans Reaper

Voilà à quoi ressemble une partition Midi. Il existe plusieurs façons d’obtenir une partition Midi, mais on verra ça une autre fois. Dans ce cas précis, il y a deux types d’informations, les notes et la vélocité. La partie du haut représente les notes avec une hauteur et une longueur. Dans la partie basse, les barres verticales représentent la vélocité de la note qui est au dessus. La vélocité représente la « force » avec laquelle la note est jouée. Imaginez un piano, si vous appuyez doucement sur une touche ou si vous tapez dessus, le son sera très différent. C’est la vélocité.

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Retro Machine dans Reaper

Maintenant, voyons l’instrument que j’ai mis sur cette piste. Il s’agit du Retro Machine Mk2 avec le preset Mini Lead 11 (qui est en fait une copie du fameux synthé Mini Moog). Je peux régler les différents réglages su synthé, et en appuyant sur play, il jouera la partition Midi. Pour l’instant, rien de bien compliqué ni impressionnant, c’est juste ce qu’il se passe à l’intérieur d’un synthétiseur classique sur lequel on peut jouer.

Mais intéressons aux instruments samplés, parce que c’est là que cet outil devient très puissant.

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Studio Drummer – Garage Kit

Nous avons maintenant le plug in Studio Drummer, une des batteries virtuelles du kit, qui est d’une grande qualité. Pour que vous compreniez comment ce logiciel a été fait, Native Instruments à enregistré un kit de batterie dans un studio spécialisé, en enregistrant chaque élément de la batterie une centaine de fois avec des vélocités différente. Ainsi on a, par exemple, un fichier audio pour la caisse claire frappée avec une vélocité de 100/127 (les informations Midi se placent sur une échelle de 0 à 127). Et ça a été fait sur chaque fût, sur chaque cymbales et frappé de manières différentes. On a donc des milliers de samples qui viennent de cette batterie. On peut choisir parmi plusieurs kits de fûts, de cymbales, et plusieurs caisses claires, ce qui permet de se construire quelque chose d’assez précis.

Il suffit d’écrire une partition Midi qui correspond à la partition de batterie (la notation Midi standardise plus ou moins les notes pour la batterie, Do pour la grosse caisse, Mi pour la caisse claire, Fa# pour le charley,…), et le logiciel jouera vos rythmes tout seul. En ajoutant des nuances grâce à la vélocité et en alternant différents types de frappes, on obtient très vite un son de batterie très proche d’une batterie acoustique. En travaillant le son en studio, il devient quasiment impossible de différencier un plug in d’une batterie acoustique. D’ailleurs, beaucoup d’artistes utilisent cette méthode aujourd’hui, car l’enregistrement de batterie est toujours le plus compliqué à mettre en place. Il est d’ailleurs possible d’enregistrer un fichier Midi à partir d’une batterie électronique. Ce qui permet d’enregistrer très simplement votre partie, puis de régler votre son plus tard.

Un des immenses avantage du Midi, c’est que vous pouvez à tout moment réécrire et modifier vos fichiers, changer la vélocité d’une note, changer le tempo d’une partie  du morceau, et même changer d’instrument virtuel, le logiciel vous suivra peu importe la direction que vous prendrez !

J’ai pris l’exemple de la batterie ici, mais rien que dans ce bundle, j’ai à disposition plusieurs pianos d’excellente qualité, une section de cuivres, divers orgues et orgues électroniques, des pianos électriques, des sections de cordes, des chorales, et d’autres instruments très difficiles à avoir en home studio, comme une kora par exemple.

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Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire pour l’instant sur les instruments VST, je suis un peu en train de découvrir et j’ai de quoi faire avec ce bundle, si le sujet vous intéresse, je ferais sûrement des tutos avec du concret pour vous apprendre à les utiliser.

De manière générale, je vais essayer d’utiliser ce blog plus fréquemment pour parler de son, de home studio, et faire quelques tutoriels en essayant de rendre le tout accessible à tous et toutes.

 

À bientôt !

I Broadcast

bd67996aSi vous êtes passés à côté, cette semaine est sortit The Magic Whip, le dernier album de Blur, 12 ans après l’excellent Think Tank.

L’année dernière, Damon Albarn (le chanteur) à sortit un album solo que je considère comme un des albums les mieux mixés des 15 dernières années.

The Magic Whip a été conçu complètement différemment, puisque que les membres du groupe se sont retrouvés un peu par hasard dans un studio de Hong Kong, après une erreur de leur production sur un concert qu’ils devaient donner au Japon.

Après seulement 5 jours, les 12 morceaux étaient prêts à partir au mixage, malgré des conditions d’enregistrement un peu bizarres.

 

Pour faire simple, cet album est le parfait mélange entre Everyday Robots (l’album solo de Damon Albarn) et du Blur plus classique.

L’album oscille en permanence entre du rock à l’anglaise et des ballades avec des arrangements très particulier.

Prenons en exemple ces deux morceaux que je vous laisse le soin d’apprécier :

I Broadcast

My Terracotta Heart

 

Si vous voulez en savoir un peu plus sur la façon dont cet album a été enregistré et avoir des anecdotes intéressantes sur chaque morceaux, le groupe à filmé un mini documentaire de 30 minutes, disponible ici :

 

Et pour finir avec un petit bonus, je vous laisse un extrait de Everyday Robots.

Heavy Seas Of Love