Pourquoi les casques stéréo n’existent pas ?

Et oui pourquoi ?

J’ai lancé ça dans mon précédent article et vous vous êtes peut-être dit : « Mais qu’est-ce qu’il nous raconte celui là ? Il a encore bu c’est ça ? ». Pas du tout ! Et je peux vous le prouver par A+B (pour les casques, pas pour l’alcool). Mais plutôt que de faire une bête démonstration très peu pertinente, nous allons plutôt nous attarder sur « Qu’est-ce que la stéréo, et comment ça marche ? ».  En d’autres mots, oui c’est un titre putaclique.

La stéréophonie, c’est le fait de reproduire la répartition de sons dans l’espace. Pour cela il faut que les sources sonores d’origine soit captées par plusieurs micros et diffusées sur deux canaux séparés (les canaux gauche et droite). Mais pour que la stéréo soit réussi, il y a des règles précises à respecter, aussi bien au moment de la captation qu’à la diffusion.

Avant toutes choses, il faut comprendre que pour avoir de la stéréo, il faut qu’entre vos micros il y ait soit une différence de phase (ou de distance, c’est strictement pareil), soit une différence d’intensité, ou les deux.

Comme souvent, je vais faire une analogie avec nos micros à nous : nos oreilles. Ce qu’il fait que vous entendez qu’un son provient de votre gauche ou de votre droite, c’est toujours grâce à une différence de temps (phase) et/ou d’intensité. Et ça s’explique simplement. Un son qui vient de votre gauche va arriver d’abord à votre oreille gauche, puis à votre oreille droite, à la vitesse du son donc vous ne vous en rendez pas compte, mais c’est comme ça que votre cerveau interprète le signal. Cette différence de temps est aussi une différence de phase, mais ça c’est assez compliqué, j’y reviendrais dans un autre article. La différence d’intensité quant à elle, c’est simplement le niveau sonore que vous entendrez plus fort à gauche.

Commençons donc par la captation. Il y a des normes qui ont été trouvées par des ingénieurs du son, que l’on utilise pour faire des prises de son stéréo. Une de ces méthode la plus connue est celle dite du couple XY. Vous

Un couple XY avec deux Neumann KM184

l’avez sûrement déjà vu. C’est un couple de stéréophonie d’intensité puisque les deux cellules sont situées au même endroit, il n’y a donc pas de différence de temps entre elles, uniquement une différence d’intensité. Pour que ce couple marche, il est donc important que les deux micros aient des capsules cardioïdes, car avec des omni, on perd toute différence d’intensité et donc la stéréo. Il est également important de faire en sorte à ce que les deux membranes soient à 90° l’une par rapport à l’autre. Si vous avez déjà utilisé un enregistreur portable de type Zoom H4n, vous avez déjà vu ce couple.

Zoom H4n avec deux micros en position XY

Je peux mentionner également le couple ORTF, qui se compose de deux micros cardioïdes espacés de 17cm avec un angle de 110° entre les capsules. C’est donc un couple « mixte » puisque nous avons une différence de temps et d’intensité entre les micros. Il existe aussi des couples de phase comme le AB, avec deux micros omnidirectionnels espacés de 20 à 50cm, avec uniquement une différence de phase. Je ne m’étale pas plus sur la captation puisque je compte faire quelques articles sur les positionnements de micros.

Parlons maintenant de la diffusion, maintenant que nous avons captés une source avec de la vraie stéréo bien propre. Il y a une façon d’écouter de la stéréo dans les règles de l’art, et la voici : Il faut que l’auditeur se trouve au sommet d’un triangle équilatéral formé par lui même et les deux enceintes positionnées à gauche et à droite de lui et que les canaux gauche et droite soit respectivement envoyés dans les enceintes gauche et droite. Simple non ? Je ne vais pas vous faire un dessin ? Si ? Ok, voilà la limite de mes talents en dessin :

Les carrés sont les enceintes, le rond c’est l’auditeur, et « x » la distance entre chacun de ces éléments. Je vous avez prévenu, je ne suis pas dessinateur.

Ce positionnement permet de percevoir ce décalage de temps et d’intensité de manière optimale. Et c’est là où j’en viens aux casques puisque ce positionnement d’enceinte, qui est la définition d’une écoute stéréophonique, nous apporte deux canaux séparés que l’on entend avec nos deux oreilles avec une différence de temps et d’intensité. En d’autres termes, le son qui sort de l’enceinte de droite arrive à votre oreille droite puis il arrive un peu moins fort et un peu en retard à votre oreille gauche. C’est donc la grosse différence avec un casque puisque le son du canal droit atteint votre oreille droite, et c’est tout. Donc un casque c’est pas stéréo. CQFD.

Je tenais à partir du principe qu’un casque ne fait pas de vraie stéréo pour vous expliquer le principe même de la stéréo, mais sincèrement, j’ai rien contre les casques. J’ai même un ami qui a un casque, c’est pour dire ! Le vrai message c’est pas qu’ils ne faut absolument pas utiliser de casque pour faire de la stéréo, chacun fait ce qu’il veut et je travaille souvent au casque, je voulais vraiment juste parler de stéréo à travers un exemple assez extrême.

C’est donc la fin de cet article et j’espère qu’il vous a plu ! N’hésitez pas à le partager si c’est le cas. Dans une semaine je serais au JTSE à Paris, c’est un salon des techniques du spectacle où des constructeurs viennent présenter leurs produits. J’y serait les deux jours, le 21 et le 22 novembre. Je commenterais en direct sur mes compte Twitter et Instagram, je ferais un récapitulatif ici même en rentrant. Si vous y passez vous aussi, n’hésitez pas à m’envoyer un message pour qu’on s’y croise !

Les interfaces audio-numériques

Si vous vous demandez quelle est la pièce la plus importante dans un home studio, laissez moi vous présenter l’interface audio numérique -ou carte son.

C’est le cœur de votre studio, c’est par là que passera tout votre signal, et c’est aussi ce qui servira d’interface entre vos oreilles et votre ordinateur (mais pas que).

Je vais commencer par vous parler de ses principales fonctions, à savoir la conversion AD/DA, la pré-amplification, et le routing des sorties (ça à l’air barbare comme ça mais rassurez vous c’est pas si compliqué. Puis je vous présenterais quelques modèles, comme d’habitude pour toutes les utilisations et tous les budgets.

La conversion AD/DA donc. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et bien je vais vous le dire. Analogue to Digital/Digital to Analogue, Analogique vers Numérique/Numérique vers Analogique en français. Il s’agit en fait d’un certain nombre de convertisseurs qui transforment votre signal analogique en signal numérique, et vice versa. Mais avant de comprendre pourquoi on a besoin de ces convertisseurs, on va faire un point sur les signaux analogiques et numériques.

Un son produit par un instrument et capté par un micro est une onde qui vibre à une certaine fréquence. Jusque là je ne vous apprends rien. Les vibrations viennent agiter la membrane du micro dans une bobine, ce qui produit un signal électrique qui est analogue au son acoustique de l’instrument, c’est à dire que si on mesure le signal électrique avec l’aide d’un oscilloscope, on retrouvera une courbe qui correspond à l’amplitude et à la fréquence de notre son.

Un signal sinusoïdal que l’on pourrait mesurer en sortie d’un micro si il captait une fréquence pure (100hz par exemple)

 

Le problème, c’est que si on branche ce micro directement dans notre ordinateur pour l’enregistrer, il ne se passera rien parce que l’ordinateur ne comprend pas les signaux analogiques. Il lui faut un signal numérique, un signal binaire à base de 0 et de 1. Et le signal numérique, vous connaissez tous. Vos fichiers mp3 sont numériques, quand vous écoutez de la musique en streaming c’est numérique, et quand vous écoutez les Sondiers en direct le lundi soir, c’est également du numérique.

Notez que si vous enregistrez directement sur des bandes magnétiques, vous restez en analogique et vous n’avez pas besoin de convertisseurs, mais j’imagine que si vous êtes là, c’est pas votre cas.

Là on vient donc de parler de la conversion AD (analogique vers numérique), mais alors pourquoi le faire dans l’autre sens ? Et bien tout simplement parce que vous avez également du son qui sort de votre ordinateur, et que quand vous entendez du son, et bien il est analogique (jusqu’à preuve du contraire, vos tympans vibrent aux même fréquences que le son qui arrive jusqu’à elles, c’est analogique, mais bien avant ça, les membranes de vos hauts parleurs ou de votre casque aussi, j’aurais dû commencer par là non ?). Je vais faire une simplification un peu délicate, mais globalement, du son qui circule dans des câbles de type XLR ou Jack, c’est un signal analogique. Vos enceintes, vos casques, vos micros, tout ça c’est de l’analogique. Mais attention tout de même parce qu’on peut utiliser par exemples un XLR pour transporter un signal numérique (AES par exemples), mais ça c’est une autre histoire.

Un câble XLR et un Jack, utilisés pour transporter un signal analogique, on appelle aussi ces câbles des « modules » parce que le signal transporté « module » de façon analogique.

Vous avez maintenant compris qu’avec cette interface, nous allons pouvoir rentrer du signal dans notre PC, et en sortir pour l’écouter. On va maintenant s’attarder sur ces entrées justement. Il y en a de plusieurs types sur une interface audio numérique. Les entrées MIDI, les entrées numériques (on peut rentrer directement un signal numérique), des pré amplis et des entrées analogiques au niveau ligne. Ces deux derniers sont analogiques. On va surtout parler ici des pré amplis parce que c’est ce qui nous intéresse le plus ici.

Il est nécessaire de pré amplifier le signal d’un micro avant de le traiter justement parce que le signal analogique qui en sort est très faible et il doit être ramené à un niveau correct pour pouvoir le travailler. Un pré ampli se limite souvent à un simple bouton de gain, qui permet d’ajuster le niveau avec lequel on veut que le micro rentre dans notre interface. Il faut le régler de manière à ce que le niveau module suffisamment mais également faire attention à ne pas saturer en rentrant trop de son dans le pré ampli. Je ne vais pas vous expliquer comment régler un pré ampli maintenant, ça fera l’objet d’un autre article, on va revenir aux interfaces pour le moment !

Un pré ampli aura toujours tendance à « colorer » le son de votre micro, c’est à dire à le typer d’une manière ou d’une autre (des graves plus chaleureux, ou au contraire un son plus froid, …). En général, on cherche à avoir les pré amplis les plus neutres, même si certains très chers ont une coloration particulière qui peut être recherchée.

Il peut y avoir plusieurs pré amplis sur une interface, et c’est d’ailleurs une des caractéristiques importante lorsque vous achèterez la votre.

Parlons des sorties maintenant. Il vous en faut plusieurs. Déjà, deux sorties principales. Deux parce que vous travaillerez systématiquement en stéréo, il vous faut donc une sortie gauche et une sortie droite, pour pouvoir brancher deux haut parleurs. Il vous faut également une sortie casque. Vous pouvez également avoir besoin de sorties en plus, mais c’est facultatif. Par exemples, une seconde sortie casque ou d’autres sorties pour des haut parleurs, caissons de basse ou d’autres montages plus compliqués que je ne vais pas aborder ici.

Sur chacune de ces entrées et sorties, vous aurez donc un convertisseur AD ou DA, sauf si on parle d’entrées ou sorties numériques (ADAT, SPDIF, AES, MIDI,…).

Je parle de théorie depuis tout à l’heure et je sens que vous en avez marre, alors voyons voir comment tout ça se présente sur une vraie interface audio numérique. Prenons en exemples la carte son que j’ai sous les yeux actuellement, celle avec laquelle je suis en train d’écouter du Wolfmother pendant que j’écris cet article. Il s’agit d’une Focusrite Scarlett 2i2. Déjà, rien qu’avec le nom, on a quelques informations importantes. Premièrement, « Scarlett » est le nom des pré amplificateurs qui équipent cette gamme d’interface. Si on connaît ces pré amplis, on sait déjà ce qu’on a dedans. Ensuite, le « 2i » nous indique qu’il y a deux entrées (c’est comme ça que Focusrite présente ses interfaces). Le deuxième « 2 » nous donne le nombre de sorties. Voyons la face avant de cette petite carte son :

La face avant d’une Focusrite Scarlett 2i2

On voit donc deux entrées, sur la gauche avec des prises combo (ce sont ces prises sur lesquelles on peut brancher soit un Jack, soit un XLR). Avec chacune leur bouton de gain, entouré de vert ou de rouge (en fait le bouton devient rouge quand l’entrée sature). Il y a également la sortie casque complètement à droite avec un bouton de volume, et un gros bouton de volume qui s’appelle « Monitor » qui contrôle les autres sorties que l’on verra ensuite. On voit également un bouton « 48V« , qui sert à envoyer une alimentation phantome dans les entrées pour alimenter un micro statique (mais ça, vous le savez si vous avez lu mon article d’introduction aux micros !). Passons à l’arrière maintenant :

L’arrière de la 2i2

Là c’est très simple. Nous avons deux Jack, qui correspondent à nos deux sorties principales, nommées « Left » et « Right » où vous branchez vos enceintes, tout simplement. On remarque aussi quelque chose que je n’ai pas mentionné jusque là, la connectivité avec l’ordinateur. Et comme vous pouvez le constatez, il s’agit tout simplement d’un USB, qu’on retrouve sur la plupart des interfaces aujourd’hui, même si certaines gammes sont en Thunderbolt ou PCIe (mais c’est plus rare aujourd’hui).

Maintenant que vous avez les bases, voyons voir comment choisir votre interface. En fait c’est très simple, il faut que vous vous posiez une seule question : Combien de micro est-ce que j’ai besoin d’enregistrer en même temps ? Si vous faites de la guitare et que vous chantez en même temps, la 2i2 que l’on vient de voir convient très bien. Si vous voulez enregistrer votre guitare sur deux pistes et chanter en même temps, il vous faudra une interface avec plus d’entrées. Si vous avez une batterie électronique avec une sortie MIDI et que vous voulez l’utiliser pour contrôler une batterie virtuelle, prenez une carte avec une entrée MIDI. Si vous voulez 16 entrées en même temps… Ça sera compliqué ! Enfin non pas tant que ça, mais à ma connaissance, il n’y a jamais plus de 8 pré amplis sur une seule carte son, mais si il y a en plus une entrée ADAT, vous pouvez brancher un pré ampli externe avec 8 canaux et tout va bien.

Maintenant, si vous le voulez bien, je vais vous présenter quelques modèles qui sont d’actualité pour toutes les utilisations et tous les prix.

Je vais présenter beaucoup d’interfaces Focusrite, tout simplement parce qu’ils font actuellement de très bon produits qui sont je pense, le meilleur rapport qualité/prix du marché, et qu’en plus, si vous enregistrez un de leur produit sur leur site, vous êtes éligibles au « Plug-in Collective », qui vous donne tous les mois soit un plug-in gratuit pour votre DAW, soit une réduction sur certains plug-ins, et c’est très intéressant.

Commençons par la plus petite, la Scarlett Solo :

Focusrite Scarlett Solo

Seulement un pré ampli micro, une entrée niveau ligne pour une guitare électrique ou électro acoustique (ou tout autre instrument niveau ligne), 2 sorties + une sortie casque. Le stricte minimum, pour environ 100€, si vous n’avez pas besoin de plus, c’est le bon choix.

Si vous avez besoin de plus de sorties et si vous avez besoin d’une entrée MIDI, la 2i4 est une bonne option :

Focusrite Scarlett 2i4

La grande sœur de la 2i2, avec deux sorties au format RCA à l’arrière, pour brancher d’autres enceintes en plus des écoutes principales, avec une entrée et une sortie MIDI.

Vous voulez un maximum d’entrées et sorties ? La 18i20 est parfaite pour ça :

Focusrite Scarlett 18i20

Comme vous l’avez sans doute compris, nous avons 18 entrées et 20 sorties, ce qui est vraiment beaucoup. Il y a seulement 8 pré amplis micro, les autres entrées sont en ADAT ou SPDIF. Vous pouvez donc ajouter par exemples un pré ampli Focusrite Scarlett OctoPre pour avoir 8 pré amplis micro en plus (un Behringher ADA8200 fera aussi l’affaire mais avec des pré amplis moins bien. Mais moins cher. Mais moins bien.)

Si vous cherchez des pré amplis un peu plus haut de gamme que les Scarlett, la gamme Clarett de Focusrite est également très bien, voilà la 4pre :

Focusrite CLarett 4pre

Comme son nom l’indique, elle possède 4 préamplis Clarett (ils émulent les pré amplis ISA de la même marque pour les connaisseurs). Elle a également 4 entrées supplémentaires en Jack derrière, une entrée ADAT (donc jusqu’à 8 canaux supplémentaires) + une entrée SPDIF (2 canaux), ainsi que du MIDI. Elle est donc presque aussi complète qu’une 18i20 ! Vous aurez besoin d’une entrée Thunderbolt sur votre ordinateur pour la faire fonctionner.

Si vous en avez marre de Focusrite, je vais vous présenter la Rolls des interfaces, la Universal Audio Apollo 8P :

UAD Apollo 8P

Le prix n’est pas le même mais vous avez là 8 pré ampli très haut de gamme, ainsi que de très bons convertisseurs, avec ça vous êtes sûrs de ne pas faire d’erreurs (a 3000€ il vaut mieux). UAD vous offre quand même beaucoup de plug-ins avec cette interface, assez pour ne plus jamais avoir besoin d’en acheter en fait.

La plupart des interfaces vous fournissent également une licence pour un DAW, en général une version lite, ProTools ou Ableton très souvent. Renseignez vous ça peut valoir le coup si vous n’avez pas de licence !

Ça sera tout pour aujourd’hui, mais avant d’en finir avec cet article, je voudrais faire un petit coucou à l’équipe des Sondiers, qui font un podcast tous les lundi soir et ils parlent de son, beaucoup de home studio, donc allez-y (en plus ils sont un peu plus réguliers que moi). Et non. Je n’ai pas repris l’écriture sur ce blog à cause du harcèlement de Knarf.

La prochaine fois je vous expliquerais pourquoi les casques stéréo n’existent pas.

Les micros en pratique #1

Dans cet article, nous allons voir concrètement comment choisir, et comment utiliser un micro pour un usage particulier. Je vous conseille de lire Tout savoir sur les micros avant de commencer cette lecture si vous n’êtes pas familiers avec les quelques termes techniques et les caractéristiques de base des micros.

Je vais lister différents usages, et pour chacun d’entre eux, sélectionner plusieurs micros et j’expliquerai pourquoi. Mais avant toutes choses, je vais vous présenter quelques micros indispensables qui peuvent tout faire. Ils ne sont pas forcément parfaits partout, mais ce sont de très bons outils à avoir en toutes situations.

Ceux qui l’ont déjà utilisé savent que je veux évidemment parler du Shure SM57.

Shure SM57

Ce micro est avec le SM58 (que l’on va voir juste après), le micro à avoir à tout prix dans son parc. On le trouve vraiment partout. Très souvent sur les caisses claires de batterie, pour reprendre un ampli de guitare, des cuivres, un piano à queue, n’importe quelle percussion et même des voix. Il a l’avantage d’être très solide (vraiment très très solide), et peu cher (environ 100€ neuf). C’est un micro dynamique et cardioïde. Sa courbe de réponse est à peu près flat, sauf dans les aigus, comme vous pouvez le voir juste ici :

Courbe de réponse en fréquences du Shure SM57

 

On ne peux pas parler du SM57 sans parler de son grand frère, le SM58, lui, beaucoup plus utilisé pour le chant, que vous avez déjà vu des centaines de fois entre les mains de plein de chanteurs plus ou moins connus.

Le fameux Shure SM58

Ses caractéristiques sont sensiblement similaires au SM57. Ces deux micros sont équipés d’une cellule appelée Unidyne, créée par Shure, et qui est en fait plus ou moins la première cellule de micro dynamique commercialisée dans les années 50, et qui est toujours autant d’actualité. Il existe des variantes de ces micros, comme pour tous les micros de la gamme SM de chez Shure, qui sont les micros de la gamme Bêta. Vous trouverez donc également des Bêta 57 et 58 dont la courbe de réponse en fréquence est légèrement différente. Il existe aussi des gammes un peu cheap qui sont les PG et PGA.

Passons maintenant aux différentes applications.

Pour commencer, intéressons nous au chant. Partons du principe que vous voulez un micro pour vous enregistrer en home studio. De manière générale -et je précise bien de manière générale parce qu’il ne faut pas croire qu’il existe des règles précises, tout peut être envisageable- vous choisirez un micro statique. Je vous ai parlé du SM58 un peu plus haut qui lui est dynamique, mais il est surtout pratique sur scène. Vous aurez certainement cette image en tête, du micro de studio imposant avec ses accessoires :

Neumann U87

Et c’est un très bon choix, si ce n’est que pour un home studio on va choisir quelque chose d’un peu plus petit que celui là. Vous noterez que ces micros sont sur des grosses suspensions élastiques pour éviter les bruits de choc, ainsi que d’un filtre anti-pop, indispensable pour enregistrer du chant sur un micro statique.

Du moins cher au plus cher, voilà mes recommandations.

Audio-Technica AT2020 :

AT2020

Pour moins de 100€, ce micro est idéal pour commencer dans un home studio même si il lui manque une suspension pour être encore mieux. Il existe d’autres micros dans cette gamme (AT 20xx), mais je n’ai pas pu les essayer donc je ne donnerais pas mon avis sur ceux là.

Si vous avez un peu plus de budget, je vous conseille le Rode NT1A :

NT1A

Celui là est un incontournable. Il est très polyvalent, et il est vendu avec une suspension et un filtre anti-pop, ce qui est assez rare pour être souligné. Il est assez neutre, ce qui vous permet d’en faire un peu ce que vous voulez au mixage.

Si au contraire vous ne voulez pas un son neutre, mais quelque chose de plus brillant, il vous faudra un AKG C214, le petit frère du très grand C414 :

AKG C214

Lui aussi vendu avec une suspension, et une bonnette, qui remplacera un filtre anti-pop. On est déjà sur un autre budget, mais c’est un très bon micro, et comme le Rode, il sera polyvalent et vous permettra d’enregistrer autre chose que de la voix. Avec cette différence de timbre qui fait son charme, encore une fois, surtout si vous cherchez un son brillant. Si à l’inverse vous voulez un son plus chaleureux, tournez vous vers le Neumann TLM102 :

TLM102

Lui, c’est le petit frère du TLM103 lui même basé sur le TLM107. Le timbre des Micros Neumann est un peu à l’opposé des AKG, et le choix se fera surtout par rapport à vos préférences. Celui là à ma préférence, avec le TLM103 (mais c’est pas vraiment le même prix). Mais avant toutes choses, essayez vos micros avant de les acheter !

Tout ces micros sont des statiques à large membranes, et cardioïdes.

Un instrument que la plupart des home studistes ont besoin d’enregistrer est la guitare acoustique. Si vous avez fait votre choix sur un des micros cités précédemment, vous pouvez vous en servir également pour enregistrer ce instrument. Si vous préférez avoir une micro dédié, ou si vous voulez enregistrer une voix en même temps que la guitare, il vous faudra un second micro.

Je vais donc vous présenter 3 modèles de micros statiques à petites membranes.

Le premier est un classique indémodable. Il en existe plein de versions parce que AKG le met à jour régulièrement. La dernière version est la MK4, je veux bien sur parler du AKG C1000s. C’est un peu le SM57 des micros statiques, il est solide et très polyvalent. On le trouve autant sur scène qu’en studio, et notez qu’on peut changer sa directivité pour du supercardioïde.

AKG C1000s MKIV

Le prochain micro dont je vais parler est le Oktava MK12. J’en entends de plus en plus parler et j’ai l’occasion m’en servir régulièrement. C’est un micro Russe qui marche à l’ancienne. La capsule est interchangeable, ce qui permet d’avoir différentes directivités par exemple sans changer tout le micro. On peut aussi visser un pad entre le corps du micro et la capsule pour diminuer le niveau du micro de 10 dB si vous voulez le placer devant une source sonore puissante. Il est vendu seul ou en couple si vous voulez faire des prises stéréo, ça vaut vraiment le coup.

Oktava MK12

Et enfin, on revient encore à la même marque, Neumann fait aussi des micros statiques à petites membranes. Les KM184 sont eux aussi des incontournables. Ils sont présents partout, aussi bien sur scène qu’en studio, souvent sur des batteries ou pour des guitares acoustiques.Ils sont certes plus chers que les AKG ou les Oktava, mais la qualité de ces micros n’est plus à démontrer. Ils sont également vendus seuls ou appairés, et ils marchent encore mieux sur des prises de son stéréo.

Neumann KM184

Parlons maintenant des guitares électriques pour finir ce premier article sur les micros en pratique.

En studio vous avez le choix d’utiliser soit des simulations d’ampli, soit votre ampli que vous reprenez avec un micro comme ceci :

Ampli repiqué

Un des choix quasi-instinctif des ingénieurs du son pour repiquer un ampli, c’est le Shure SM57 dont j’ai parlé au début, et c’est vrai qu’il marche très bien pour ça. Cependant, c’est parfois plus simple de se tourner vers un Sennheiser e609, qui a une courbe de fréquence optimisée pour cette utilisation précisément. En live il est également pratique, parce que grâce à sa forme on peut le laisser suspendu devant l’ampli sans utiliser de pied. Vous l’avez forcément déjà vu, d’ailleurs il est sur la photo d’illustration un peu plus haut.

Sennheiser e609

Un autre choix que j’affectionne particulièrement, c’est un autre micro Sennheiser, que l’on retrouve plus souvent sur des toms basse de batterie ou sur des cuivres, c’est le MD421 :

Sennheiser MD421

Celui-ci est un peu spécifique, et je vous conseille (encore une fois) de l’essayer avant de l’acheter, surtout si c’est uniquement pour cet usage.

Et je vais terminer avec un micro peu connu mais qui je pense mérite sa place ici. J’en ai croisé qu’une seule fois, et pourtant je le trouve très bon. C’est un micro à ruban qui coûte vraiment pas cher, et si vous deviez en choisir un pour votre home studio, je vous conseille celui là. Il s’agit du Superlux R102, qui fera tout ce qu’on peut attendre d’un micro à ruban. Il sera aussi bon devant votre ampli que pour une caisse claire ou des cuivres.

Superlux R102

Et voilà ! C’est tout pour aujourd’hui, la prochaine fois, nous nous intéresseront à un gros morceau : les micros pour batterie. En attendant, faites de la musique !

Tout savoir sur les micros

À moins de faire exclusivement de la musique électronique ou d’utiliser uniquement des instruments virtuels, vous aurez besoin de micro dans vos productions musicales.

Dans cet article, je vais essayer de vous expliquer la différence entre tous les types de micros, ainsi que les différentes caractéristiques qui permettent de les choisir.

Il existe trois types de micros différents. Les dynamiques, les statiques, et les micros à ruban. Ces derniers sont un peu plus rares -surtout en home studio- car plus cher et plus fragiles.

Commençons par les micros dynamiques. Ce sont les plus simples techniquement (je ne vais pas rentrer dans les détails de la façon dont ça marche sinon on en a pour des heures). Une membrane réagit aux sons environnants, agitant une bobine qui génère un signal que vous récupérez ensuite. Ces micros sont passifs. C’est à dire qu’ils marchent sans alimentation électrique. De ce fait, ils sont en général peu sensibles  (on verra la sensibilité plus tard, mais dans l’idée, un micro sensible capte plus de son lointain et faibles, un micro peu sensible prendra seulement les sons proches). Ils sont aussi assez solide en général. On retrouve beaucoup de micro dynamiques sur scène, justement parce qu’ils sont solides et peu sensible. On met les micros proche des sources pour éviter de reprendre également l’instrument d’à côté.

Les micros statiques, contrairement aux dynamiques sont actifs, donc ils nécessitent une alimentation externe. On appelle ça l’alimentation phantome (phantom power en anglais). C’est une alimentation de 48V continu qui passe par le câble du micro. C’est à dire qu’on utilise pas de second câble pour utiliser le micro, tout passe dans un seul. La sensibilité est donc beaucoup plus élevée que dans un micro dynamique. Ça n’empêche pas l’utilisation sur scène malgré tout, on en retrouve souvent sur des batteries ou des cuivres par exemples, mais je reviendrais sur les utilisations des micros plus tard.

Les micros à ruban sont différents parce qu’il n’ont pas une membrane comme les autres mais un ruban tendu entre deux aimants. Cette particularité lui donne plusieurs caractéristiques un peu particulières. On en reparlera plus bas !

Les différentes caractéristiques que l’ont utilise pour parler d’un micro sont sa sensibilité, sa directivité et sa réponse en fréquences (et d’autres que je n’aborderais pas ici, comme son impédance. Ça à son importance quand on fait des montages un peu plus compliqués que dans un home studio).

Je ne vais pas rentrer dans des détails mathématiques, mais il existe plusieurs unités pour parler de sensibilité qui veulent dire la même chose au final. Le dBV/Pa et mV/Pa. Plus la valeur est élevée, plus le micro est sensible.

La directivité est un facteur important à prendre en compte, même si dans 90% des cas, vos micros seront cardioïdes, il est important de savoir ce que ça veut dire. La directivité indique la direction de prise de son de votre micro. Avant même de commencer à en parler, voilà une image de la marque Shure qui montre les différentes directivités (polar patterns en anglais) :

polarPatternComparison
Les différentes directivités – d’après Shure

Voici donc les principales directivités que je vais détailler de gauche à droite :

Les micro omnidirectionnels, comme l’indique leur nom, prennent le son tout autour d’eux, peu importe le sens dans lequel vous le mettez. On utilise rarement ce genre de micro sur scène étant donné qu’il est très difficile de capter une seule source avec ces micros. On en trouve un peu en studio mais dans des cas assez particuliers. Les micros de mesure sont omnidirectionnels par contre. Cette directivité à une autre particularité, c’est qu’elle supprime l’effet de proximité, mais on reviendra là dessus plus tard.

Les sub-cardioïdes sont très rares et il me semble même qu’ils sont le fruit d’expérimentations de la part de Shure (d’où leur présence sur ce graphique). On la retrouve sur les Shure KSM9HS, une variante du KSM9, et c’est à ma connaissance le seul micro à avoir cette directivité donc je ne vais pas trop m’attarder dessus.

On arrive à la directivité que l’ont retrouve sur quasiment tous les micros, les cardioïdes. Le principe est simple, ils prennent le son devant eux, un peu sur les côtés, et pas du tout derrière.

Les super cardioïdes et hyper cardioïdes sont des cardioïdes, mais avec un angle de réjection plus ou moins élevé. L’angle de réjection c’est ce qu’on voit clairement sur le graphique, le fait de prendre un peu de son derrière le micro.

Les micros bi-directionnels (ou figure en 8) captent les sons aussi bien devant que derrière. C’est une caractéristique que l’ont retrouve principalement sur les micros à ruban (un micro à ruban est forcément bi-directionnel), ainsi que sur quelques micros de studio.

Pour connaitre la directivité d’un micro que vous avez devant vous, c’est très simple, il y a forcément un pictogramme dessus qui ressemble aux diagrammes. Certains micros ont un sélecteur qui permet de changer la directivité. C’est le cas par exemples du AKG C414 dont voici une image où on voit bien le sélecteur :

akg-c414-xlii-120450
Un micro AKG C414XLII avec un sélecteur de directivité

Notez que la seconde polarité n’est pas sub-cardioïde, mais wide cardioïde, mise au point par AKG. Vous remarquerez aussi que le logo AKG est en fait 3 diagrammes cardioïdes qui se croisent !

Le dernier paramètre important d’un micro, et je dirais même le plus important, c’est sa réponse en fréquence. Cette caractéristique se retrouve sous forme d’un graphique. Voici un exemples :

Réponse en fréquence d'un Beyerdynamics M130
Réponse en fréquence d’un Beyerdynamics M130

Cette courbe nous permet d’estimer le timbre du micro, c’est à dire la manière dont il sonne. Ici, on peut voir que le M130 restitue pas mal de basses entre 100 et 200Hz, il est à peu près linéaire jusqu’à 8kHz puis de moins en moins de son dans les aigus. Au passage, le M130 est un micro à ruban et donc avec une directivité bi-directionnelle.

Tout à l’heure, je vous parlais de l’effet de proximité. Il s’agit d’un effet acoustique que l’on retrouve sur beaucoup de micros. C’est cet effet qui rend les basses plus fortes quand la source se trouve très près du micro (en fait, plus la source est près, plus les graves sont amplifiés). Il est important de savoir ça quand vous placez vos micros. Si on en est conscient, on peut jouer avec cet effet. Pour la voix par exemples, si vous voulez éviter d’avoir trop de graves, ne vous collez pas au micro mais prenez un peu de distance. Toujours avec une voix, en maîtrisant bien, vous pouvez vous approcher suffisamment pour avoir une voix chaleureuse, et ça peut même être très joli dans certains cas. Certains micros éliminent cet effet de proximité. C’est le cas par exemples du Electro-Voice RE20 ou du nouveau Shure KSM8. Comme je l’ai dit plus haut, les micros omnidirectionnels n’ont naturellement pas cet effet. Ce qui veut dire qu’avec le micro AKG C414 de l’image que j’ai utilisé en exemple, vous pouvez choisir de supprimer l’effet de proximité en sélectionnant cette directivité.

Avec tous ces éléments, vous avez de quoi choisir vos micros en fonction de vos utilisations, mais gardez a l’esprit que le meilleur moyen de savoir si un micro vous convient, c’est de l’essayer avant. Je peux citer l’exemple d’une chanteuse que je connais qui cherchais un micro qui correspond bien à sa voix. Elle à pris une dizaine de micros très différents et les a essayés un par un. Certains allaient plutôt bien, un en particulier s’est démarqué, et elle en a rejeté un après seulement quelques secondes de test parce que sa voix passait très mal sur ce micro. Et la raison est très simple, ce micro n’avait pas d’effet de proximité du tout. C’est pourtant un micro très utilisé pour la voix et certains chanteurs l’adorent. Gardez à l’esprit que ce n’est pas parce qu’un micro est cher qu’il ira forcément pour votre utilisation.

Voilà qui conclut ce chapitre sur la microphonie, nous y reviendrons parce que c’est un sujet qui me passionne. Je reviens bientôt avec un article pour vous aider à choisir des micros, mais cette fois-ci en parlant plus précisément des modèles que je connais.

En attendant, si vous avez des questions sur cet article ou si vous aimeriez que je traite d’autre chose, les commentaires sont ouverts, et je suis aussi sur twitter, mon compte est quelque part à droite de cet article.

 

À très vite !

Introduction aux instruments virtuels

J’ai récemment fait l’acquisition d’une banque d’instruments virtuels édités par la célèbre firme Native Instruments. Il s’agit du bundle Komplete 10, qui regroupe plusieurs catégories d’instruments VSTi dont Kontakt 5 et Guitar Rig 5 pro, qui sont assez connus, et quelques plug ins VST (compresseurs, EQ, reverbes,…).

Je reviendrais plus tard sur les VST et sur Guitar Rig. Dans cet article, je vais me concentrer sur les instruments VSTi et essayer de vous faire comprendre ce que c’est et comment ça marche.

Pour faire simple, un VSTi (ou instrument virtuel), est un logiciel qui transforme une partition Midi en fichier audio. En général, ils sont utilisés sous forme de plug ins (VST est un format de plug ins), et ils marchent avec un DAW (pour Digital Audio Workstation) -ou un logiciel d’édition musicale- (ProTools, Ableton Live, Cubase, Logic, Reaper,…).

Pour faire un peu plus concret, je vais utiliser un exemple tout simple, celui du synthétiseur. Il faut noter qu’il existe deux types d’instruments vituels, les synthés, et les sampleurs. Les synthés génèrent un son à partir d’un ou plusieurs oscillateurs, et les sampleurs jouent un fichier audio enregistré en fonction des instructions midi. Mais restons simples pour le moment.

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Partition Midi dans Reaper

Voilà à quoi ressemble une partition Midi. Il existe plusieurs façons d’obtenir une partition Midi, mais on verra ça une autre fois. Dans ce cas précis, il y a deux types d’informations, les notes et la vélocité. La partie du haut représente les notes avec une hauteur et une longueur. Dans la partie basse, les barres verticales représentent la vélocité de la note qui est au dessus. La vélocité représente la « force » avec laquelle la note est jouée. Imaginez un piano, si vous appuyez doucement sur une touche ou si vous tapez dessus, le son sera très différent. C’est la vélocité.

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Retro Machine dans Reaper

Maintenant, voyons l’instrument que j’ai mis sur cette piste. Il s’agit du Retro Machine Mk2 avec le preset Mini Lead 11 (qui est en fait une copie du fameux synthé Mini Moog). Je peux régler les différents réglages su synthé, et en appuyant sur play, il jouera la partition Midi. Pour l’instant, rien de bien compliqué ni impressionnant, c’est juste ce qu’il se passe à l’intérieur d’un synthétiseur classique sur lequel on peut jouer.

Mais intéressons aux instruments samplés, parce que c’est là que cet outil devient très puissant.

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Studio Drummer – Garage Kit

Nous avons maintenant le plug in Studio Drummer, une des batteries virtuelles du kit, qui est d’une grande qualité. Pour que vous compreniez comment ce logiciel a été fait, Native Instruments à enregistré un kit de batterie dans un studio spécialisé, en enregistrant chaque élément de la batterie une centaine de fois avec des vélocités différente. Ainsi on a, par exemple, un fichier audio pour la caisse claire frappée avec une vélocité de 100/127 (les informations Midi se placent sur une échelle de 0 à 127). Et ça a été fait sur chaque fût, sur chaque cymbales et frappé de manières différentes. On a donc des milliers de samples qui viennent de cette batterie. On peut choisir parmi plusieurs kits de fûts, de cymbales, et plusieurs caisses claires, ce qui permet de se construire quelque chose d’assez précis.

Il suffit d’écrire une partition Midi qui correspond à la partition de batterie (la notation Midi standardise plus ou moins les notes pour la batterie, Do pour la grosse caisse, Mi pour la caisse claire, Fa# pour le charley,…), et le logiciel jouera vos rythmes tout seul. En ajoutant des nuances grâce à la vélocité et en alternant différents types de frappes, on obtient très vite un son de batterie très proche d’une batterie acoustique. En travaillant le son en studio, il devient quasiment impossible de différencier un plug in d’une batterie acoustique. D’ailleurs, beaucoup d’artistes utilisent cette méthode aujourd’hui, car l’enregistrement de batterie est toujours le plus compliqué à mettre en place. Il est d’ailleurs possible d’enregistrer un fichier Midi à partir d’une batterie électronique. Ce qui permet d’enregistrer très simplement votre partie, puis de régler votre son plus tard.

Un des immenses avantage du Midi, c’est que vous pouvez à tout moment réécrire et modifier vos fichiers, changer la vélocité d’une note, changer le tempo d’une partie  du morceau, et même changer d’instrument virtuel, le logiciel vous suivra peu importe la direction que vous prendrez !

J’ai pris l’exemple de la batterie ici, mais rien que dans ce bundle, j’ai à disposition plusieurs pianos d’excellente qualité, une section de cuivres, divers orgues et orgues électroniques, des pianos électriques, des sections de cordes, des chorales, et d’autres instruments très difficiles à avoir en home studio, comme une kora par exemple.

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Voilà, c’est tout ce que j’ai à dire pour l’instant sur les instruments VST, je suis un peu en train de découvrir et j’ai de quoi faire avec ce bundle, si le sujet vous intéresse, je ferais sûrement des tutos avec du concret pour vous apprendre à les utiliser.

De manière générale, je vais essayer d’utiliser ce blog plus fréquemment pour parler de son, de home studio, et faire quelques tutoriels en essayant de rendre le tout accessible à tous et toutes.

 

À bientôt !

I Broadcast

bd67996aSi vous êtes passés à côté, cette semaine est sortit The Magic Whip, le dernier album de Blur, 12 ans après l’excellent Think Tank.

L’année dernière, Damon Albarn (le chanteur) à sortit un album solo que je considère comme un des albums les mieux mixés des 15 dernières années.

The Magic Whip a été conçu complètement différemment, puisque que les membres du groupe se sont retrouvés un peu par hasard dans un studio de Hong Kong, après une erreur de leur production sur un concert qu’ils devaient donner au Japon.

Après seulement 5 jours, les 12 morceaux étaient prêts à partir au mixage, malgré des conditions d’enregistrement un peu bizarres.

 

Pour faire simple, cet album est le parfait mélange entre Everyday Robots (l’album solo de Damon Albarn) et du Blur plus classique.

L’album oscille en permanence entre du rock à l’anglaise et des ballades avec des arrangements très particulier.

Prenons en exemple ces deux morceaux que je vous laisse le soin d’apprécier :

I Broadcast

My Terracotta Heart

 

Si vous voulez en savoir un peu plus sur la façon dont cet album a été enregistré et avoir des anecdotes intéressantes sur chaque morceaux, le groupe à filmé un mini documentaire de 30 minutes, disponible ici :

 

Et pour finir avec un petit bonus, je vous laisse un extrait de Everyday Robots.

Heavy Seas Of Love