Recap JTSE 2017

Aujourd’hui on s’éloigne du home studio pour parler de live. De matos pour le live plus précisément.

Je suis allé cette semaine au JTSE à Paris. C’est un grand salon dédié aux techniques du spectacle (pas seulement de son, aussi de la lumière, un peu de vidéo et de la structure).

Je vais donc vous présenter ce que j’en ai retenu, mais gardez à l’esprit que ce que je vais vous montrer est inaccessible aux particuliers, et à moins d’avoir une boîte de prestation, vous n’achèterez jamais ces produits.

La première techno s’appelle Optocore. C’est une société qui vend un service, et ce service consiste à transporter un signal audio n’importe où dans le monde grâce au réseau de fibre optique. Un exemples simple : Pour les JO de Rio, Optocore connectait les installations audio de Rio à la régie de diffusion de France TV, à Paris. L’un des gros avantages de cette technologie basée sur la fibre optique, c’est sa faible latence qui ne dépends pas du nombre de lignes (jusqu’à 1024 entrées, ce qui est énorme, et un nombre illimité de sorties, ce qui est… beaucoup). Ils travaillent en partenariat avec plein de marques de consoles pour s’assurer une compatibilité maximum (notamment Yamaha, Avid, Soundcraft, Digico,…)

Parlons consoles justement. Un des docks du JTSE était consacré à elles, et j’ai pu en toucher quelques unes.

A droite de l’écran, le réglage du préamp avec l’option Silk. On voit aussi les petits écrans à côté de chaque bouton de l’EQ, aussi présent sur le compresseur.

Premièrement, Yamaha, qui avait une seule console en expo, et pas des moindres puisqu’il s’agit de la Rivage PM10, la plus grosse console de la marque japonaise. 144 input au maximum, une interface soignée, un écran tactile fonctionnel (si si), et une émulation de préamplis designés avec Rupert Neve (notamment la fonction Silk Red et Blue qui apporte une saturation soit dans le bas, soit dans le haut du spectre). J’ai beaucoup apprécié les petits écrans dans chaque bloc de bouton, pour avoir des informations sur ce qu’on fait sans avoir à tourner la tête vers l’écran principal. Cette console est destinée principalement aux très grosses formations, les orchestres symphoniques par exemples. Une telle machine à un prix, et celui là s’élève à près de 100 000€. Elle est évidemment compatible avec les Rio de Yamaha. Elle est sur le marché depuis 2 ans, mais aucun prestataire ne l’a en France pour l’instant.

La Rivage PM10
Lawo mc²36

J’ai découvert la marque LAWO, principalement axée sur le broadcast normalement, mais ici présente avec une mc²36. C’est une console complètement modulaire dans son interface, avec deux très grands écrans tactiles. Vraiment TOUT est personnalisable. Il y a 6 layers de faders, on peut y faire des déploiements, et on peut même demander à la marque de nous programmer un bouton pour une fonction spécifique, et ils vous construisent le bouton avec l’inscription que vous voulez dessus. Je suis juste un peu déçu de ne pas avoir pu écouter les préamplis. Je ne pense pas que ce soit une console particulièrement adaptée pour faire de l’accueil, mais il n’est pas impossible qu’on en voit tourner quelques unes dans les années à venir.

Midas M32

Au stand Midas, rien de vraiment nouveau. Une M32 et une M32R étaient à l’entrée du stand, et au fond, une PRO2 et une PROX. Un des responsables du stand (qui est le stand EVI en fait, pas Midas, mais EVI distribue Midas en France), a parlé d’une nouvelle série de consoles pour remplacer les PRO1, PRO2 et PRO3 qui commencent à se faire vieilles. Si vous voulez des infos sur la M32, quelque chose me dit que vous pouvez aller voir la chaîne Out Of Phase dans quelques jours.

J’ai été assez déçu du stand Soundcraft. Une seule console exposée, la Vi2000. J’aurais aimé voir leur nouvelle console, la Vi1000.

Avid était également là avec la S6 et la surface de contrôle pour Pro Tools en live. Je ne me suis pas vraiment attarder sur ce stand.

Passons maintenant aux systèmes de diffusion. J’ai pu en écouter qu’un seul, mais j’ai pu en voir d’autres et avoir des informations très intéressantes sur un système en particulier. Mais parlons d’abord de celui que j’ai pu entendre.

J’étais sur le stand de Fohnn, une marque allemande que j’ai déjà utilisée quand j’ai accueilli un enregistrement pour France Inter. Les techniciens de la maison de la radio sont tous fous des petits systèmes Fohnn. Ils ressemblent en gros aux colonnes Bose, mais en beaucoup mieux. Le représentant du stand m’explique qu’ils ont un nouveau système, bien plus gros dont on peut changer la directivité grâce à un logiciel. Il me donne un carton d’invitation pour aller l’écouter dans un studio près du salon. J’y vais donc et je vois le système installé en plusieurs configurations. J’ai été très déçu de la première configuration, et la deuxième était à peine mieux. Puis le représentant nous explique que le système n’était pas calé. Et on a pas eu de démonstration du changement de directivité. Assez décevant donc.

J’ai pu voir suspendu au stand Nexo leur nouveau line array super compact, le Geo M10. Il n’était pas en écoute, mais la taille des enceintes est vraiment impressionnante. Les T10 de D&B sont énormes à côté. Maintenant, il faut entendre ce que ça donne en situation.

V7P ouverte

En parlant de D&B justement. J’ai beaucoup de choses à dire à leur propos. Si vous me suivez sur Twitter ou si vous me connaissez, vous savez que c’est une marque avec laquelle j’aime beaucoup travailler. Leur stand était assez simple, rien de spécial à voir, à part cette V7P ouverte. Mais en parlant avec un des responsables du stand, j’ai pu avoir des informations sur le système qui fait beaucoup de bruit en ce moment, celui que tout le monde attend avec impatience, la série SL. C’est donc une série avec une boîte assez particulière, 8 hauts parleurs à l’intérieur, qui arrive à être complètement cardioïde et qui descend à 50Hz. le tout de manière complètement homogène. Il semblerais que le système soit prêt puisqu’ils l’ont testé dans des sessions privées aux USA, puis en public pour 3 événements. Manu Chao, les Francopholies de la Rochelle, et la tournée de Gorillaz. Ce système est fait pour tourner dans un kit de 2×12 boîtes et une dizaine de subs. Ce kit permet en théorie (et sans aucuns soucis, d’après D&B) de tourner dans des stades ou dans des grands festivals en plein air. Niveau amplification, il faut compter 2 canaux par tête, soit un D80 pour 2 enceintes. Ça semble beaucoup mais avec 8HP par tête, ça se tient. La distribution commencera juste après leur présentation et démonstration au Pro Light and Sound de Frankfort (musikemesse), où j’essaierais de me rendre en 2018. On peut s’attendre à ce que ce système tourne avec des groupes qui sont actuellement sur du J de D&B. Muse par exemple ou encore Coldplay. Moi de mon côté, je m’attends pas à mixer sur ce système.

Je pourrais également parler de L.Acoustics, mais ils présentaient seulement leur système Syva et celui-ci ne m’intéresse pas spécialement, du coup je n’ai pas grand chose dire dessus.

J’ai remarqué que toutes les marques sont passées au line array, même Amadeus, j’ai pu voir du Coda également (même si il me semble que c’est pas nouveau pour eux).

Enfin, pour terminer, je suis aller voir l’espace Lights, même si j’y connais pas grand chose. En tout cas, ça brille.

Le Dock Eiffel illuminé

Voilà qui conclu cet article. Je n’ai pas eu le temps de m’arrêter sur tous les stands, il m’aurait fallu une semaine entière. Comme je l’ai mentionné, je vais faire ce que je peux pour aller au PLS de Frankfort, et par la même occasion, visiter le Musikemesse en avril prochain. Principalement pour écouter ce fameux système SL de chez D&B, mais aussi pour profiter d’un des plus grands salons dédié au spectacle au monde !

J’espère que cet article vous aura plu, même si il est très loin du domaine du home studio. Si il vous a plu, je pourrais vous parler plus souvent de live avec des choses plus concrètes.

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