Soundscape et L-Isa, le futur du son [Musikmesse 2018 1/2]

J’ai eu la chance de pouvoir me rendre à Francfort pour le Pro Light + Sound et le Musikmesse grâce à D&B, et dans ce premier article sur le salon, je vais vous parler de Soundscape et L-Isa, les deux nouveaux systèmes de diffusion 360° de D&B et L-Acoustics.

 

Si vous ne connaissez pas ces deux marques, ils font partie des leaders dans la conception et la fabrications de systèmes de sonorisation. C’est à dire les enceintes, les amplis, les systèmes de rig, les retours, etc.

 

Cette année, ils ont tous les deux lancés leur nouvelle façon de faire du son en live. Ces deux systèmes sont similaires en tous points. Et j’ai pu assister à des démonstrations faîtes pas les deux marques, ainsi qu’un workshop de mixage par D&B, avec Serge Gräfe, l’ingé son FOH de Kraftwerk, actuellement en tournée (si si).

 

C’est pas évident de mettre des mots sur ce qu’on entend avec Soundscape et L-Isa, mais je vais tâcher de vous en expliquer le fonctionnement.

 

Placement des sources dans Soundscape
Le placement des sources dans Soundscape

On part du principe qu’on oublie la stéréo, et même le 5.1 ou 7.1, et qu’on adapte son système à la salle dans laquelle on installe. Il n’y a plus de sources gauche/droite de chaque côté de la scène, mais au moins 5 au dessus, puis une multitude d’autres tout autour du public. Grâce au logiciel correspondent à votre système, vous pouvez placer vos sources sonores (ça peut être des micros ou des groupes de micros, ou toutes sources niveau ligne, peu importe en fait, tous les inputs que vous avez sur votre console) où vous le souhaitez dans un espace en 3D. Tout est géré automatiquement par un processeur qui fait également du matriçage d’entrées et de sorties pour que vous n’ayez pas à gérer individuellement chaque entrée et sortie (on peut facilement monter à une soixantaine de canaux en sortie).

 

D&B à son processeur Soundscape, le DS-100, et tout est contrôlé  dans la nouvelle version de R1, la troisième donc, disponible dès maintenant sur le site de D&B.

L-Acoustics à également un processeur dédié, le L-Isa Processor, mais il vous faudra un nouveau logiciel, le L-Isa Controller, également disponible sur le site de L.

 

wokflow D&B avec le DS-100
Le workflow habituel de D&B, avec le DS-100 intégré

Les deux marques ont intégré tout ceci au sein de leur workflow habituel. C’est à dire que vous continuerez d’utiliser les mêmes enceintes, les mêmes amplis, peut-être les mêmes consoles (on en reparle), et les mêmes logiciels. C’est à dire que si vous êtes un utilisateur de D&B, vous ferez toujours des shoots sur ArrayCalc, et vous intégrez simplement le DS100 entre votre R1 et vos amplis.

 

Pour ce qui est de l’utilisation des logiciels, les deux marques ont eu l’intelligence d’utiliser des protocoles libres. Ce qui permet à d’autres développeurs et constructeur de faire leurs propres applications compatibles. L’exemple le plus utile, déjà disponible pour les deux systèmes, est un capteur infra rouge que vous pouvez mettre sur un musicien par exemples qui permet au logiciel de calculer sa position dans l’espace en temps réel de manière à ce que sa position réelle et sa position « acoustique » correspondent parfaitement. Et c’est pas un produit en cours d’expérimentation, ça marche déjà. Pendant les deux démonstrations, les présentateurs avaient ce système sur eux et quand ils se déplaçaient sur scène, on entendait effectivement leur voix venir de l’endroit où ils étaient placés. Peu importe où ils se situaient dans la pièce.

Il existe aussi des logiciels qui permettent d’envoyer des cues au logiciel de contrôle de Soundscape et L-Isa. Plus simplement, vous pouvez programmer des automation de déplacement et les contrôler via un périphérique externe (une tablette par exemples) et de les déplacer grâce à un écran tactile.

 

Tout ceci est très technique, mais concrètement, la première chose que l’ont remarque en écoutant ces systèmes, c’est que le système justement, disparaît complètement. Même si on avait seulement des enregistrements live, on entendait les musiciens « pour de vrai » devant nous, et on avait pas cette sensation d’avoir une sono qui diffusait. On pouvait pointer du doigt la position précise de chaque élément du mix, aussi bien sur scène que tout autour de nous. Et tout autour de nous, c’est principalement les effets qui sont marquants. On est entourés de réverbe, comme on pourrait l’être dans un opéra par exemples. On peut jouer à volonté avec les espaces, tromper l’oreille des auditeurs et expérimenter à l’infini.

 

J’ai été  conquis par les deux démonstrations, et à en croire les réactions des gens présents autour de moi, ils font l’unanimité.

 

Parlons rapidement de l’intégration au niveau des consoles. C’est plus simple que ça en à l’air encore une fois. Il suffit d’avoir une console qui puisse gérer un grand nombre de sorties (64 sorties au maximum il me semble). La plupart des « grosses » consoles actuelles le font sans trop de problème. Digico à misé sur les deux systèmes en travaillant en partenariat avec D&B ET L-Acoustics pour une intégration facilitée. Lawo, la marque que j’ai découvert au JTSE en novembre dernier à également travaillée en partenariat avec D&B pour intégrer directement le contrôle de Soundscape sur les grands écrans tactiles de leur console. Mais on reparlera de Lawo dans le prochain article. Les autres marques n’ont pas étés mentionnées, mais je pense que n’importe quelle autre console du type Yamaha CL5, voire CL3. Serge Gräfe à fait le workshop sur une Avid S6L.

 

On peut déjà entendre ces nouveaux systèmes en live avec quelques artistes qui tournent actuellement avec. J’ai déjà mentionné Kraftwerk, mais il y a également Ennio Morricone, Bon Iver,…

Et une fois qu’on y a goûté, c’est difficile de revenir. Et comme disais Serge Gräfe quand on lui pose la question « C’est dur ! »

 

Je vous laisse avec une vidéo de présentation de Soundscape :

Ainsi qu’avec la page de présentation de L-Isa.

 

J’ai conscience que le sujet de cet article est un peu (voire très) technique. Et ça sera sûrement le cas du prochain qui parlera des autres nouveautés du Pro Light + Sound et du Musikmesse. Mais promis, après on revient avec du home studio !